05 décembre 2009


L' humanité, dans La Route, est plus proche que jamais de l'extinction - même s'il lui reste assez de force pour continuer de nuire, de s'infliger à elle-même souffrances et offenses. Il ne demeure pourtant manifestement plus grand monde à la surface de la terre. On ne sait pas très bien ce qui s'est produit - apocalypse nucléaire ou colère de Dieu ?
L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.

Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis.

« Héritier de la Bible et de Shakespeare, de Hawthorne et de Faulkner, archaïque, lyrique et visionnaire, sensible à la beauté du monde, McCarthy est hanté par la violence des hommes et la question du Mal. »

Nathalie Crom, Télérama

03 décembre 2009

Le Livre d'Eli


Dans un monde post-apocalyptique, un héros solitaire veille sur The Book of Eli, un livre renfermant les connaissances pouvant racheter la société.
Dans un futur proche, l’Amérique n’est plus qu’une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles.

«La route» conduit à la fin du monde


La Route, un bouleversant road movie post-apocalyptique

Avec La Route, tiré du best-seller éponyme de Cormac McCarthy, le genre du film post-apocalyptique reviendrait-il sur le devant de la scène ? Depuis La Planète des singes, Soleil vert, Mad Max ou Blade Runner, on croyait que la thématique de la fin du monde était sur le déclin. Pourtant voilà que celle-ci refait surface, notamment avec des films tels que Les Fils de l'homme d'Alfonso Cuaron (2005), 2012 de Roland Emmerich (2009) ou, bientôt, The Book of Eli des frères Hughes, avec Denzel Washington (sortie le 15 janvier 2010). Le film La Route suit quant à lui son propre itinéraire. Le producteur Nick Wechler rappelle que ce bouleversant road movie post-apocalyptique a failli ne jamais voir le jour : « Le roman de McCarhty, malgré son prix Pulitzer et le triomphe en salle de No Country for Old Men tiré d'un autre de ses livres, était si sombre et si austère que tous les studios et certains gros producteurs ont perdu leur temps à se demander s'il pouvait être adapté au cinéma.

La menace du retour à l'état sauvage concerne déjà, de façon latente, notre monde actuel. Bienvenue dans le film dont vous serez bientôt le héros. Télérama, Samedi 05 décembre 2009

01 décembre 2009

Interdiction des minarets en Suisse

Pour Bruno Gollnisch, vice-président du FN, le résultat du référendum en Suisse montre "que la population de ce pays résiste à la pensée unique".
Mais le "problème de fond", estime-t-il dans un communiqué, c'est "celui de l'immigration massive et de la mauvaise conscience des Européens, qui les empêche d'exiger ce que chaque pays est en droit d'exiger des plus récents arrivés : le respect de ses lois, mais aussi de ses moeurs, de ses coutumes, de ses traditions, et même de ses goûts".

15 novembre 2009

La crise relance le thème de la décroissance



La crise relance le thème de la décroissance
LE MONDE | 14.11.09 | 14h15 • Mis à jour le 14.11.09 | 14h16

usqu'alors cantonnées à des économistes en marge ou d'écologistes radicaux, les théories des décroissants (remise en cause de l'accumulation matérielle comme source d'épanouissement et de la croissance économique à tout prix) progressent. Des Verts à la gauche radicale, elles font des adeptes.

Il y a deux ans à peine, la thématique effrayait. Parler de sobriété économique était synonyme de limitation du progrès, un nouveau jansénisme triste. On raillait ceux qui voulaient revenir à la bougie comme on avait moqué les premiers écologistes et leur lait de brebis bio. Même les Verts se méfiaient du mot, le jugeant trop "raide". A l'automne 2006, Yves Cochet, alors candidat à la candidature pour la présidentielle, avait perdu la primaire interne ; son discours ouvertement décroissant avait fait peur à ses camarades.

Depuis, la crise a sévi, la récession est là. La critique d'un système économique fondé sur la seule croissance des biens et de la consommation est générale. L'opinion n'y croit plus et d'aucuns découvrent la théorie de la tempérance. Selon un sondage IFOP-Sud-Ouest (réalisé les 8 et 9 octobre auprès de 955 personnes), 27 % des Français se disent "prêts à changer en profondeur leur mode de vie et à restreindre leur consommation de manière significative". 53 %, en revanche, concèdent n'être prêts qu'à "des efforts limités".

"On sent la montée en puissance de comportements écocitoyens et d'une consommation plus sobre mais ce n'est pas encore la décroissance", tempère Jérome Fourquet, directeur de l'IFOP. "Plutôt que de décroissance, il s'agit d'une autre croissance. Les Français ont envie d'un mode de consommation en harmonie entre ce qu'ils estiment bénéfique pour la société et ce dont ils ont besoin", complète Jean-Daniel Lévy, directeur de CSA-opinions. Le succès des Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP, un réseau d'achat du producteur au consommateur) le confirme.

Les Verts l'ont compris mais essaient de présenter leur projet décroissant sans endosser les habits de Cassandre. Ils prônent désormais une "décroissance sélective et équitable" pour "diminuer l'empreinte écologique et améliorer le niveau de vie pour le plus grand nombre", selon les termes de Pascal Canfin, député européen. "La décroissance du PIB, avec la crise, on y est et cela va continuer. Il faut un projet plus sobre, plus délocalisé et plus démocratique", plaide M. Cochet. Pour lui, cela passe par des jardins partagés, des énergies écologistes de proximité, de l'achat"local" ou la limitation drastique de la vitesse sur autoroutes. Voire, la limitation des naissances...

"ÇA BOUGE"

Les autres partis politiques ont plus de mal à interroger leur doxa héritée du siècle du progrès et de la croyance dans l'inépuisable "croissance des forces productives" comme horizon humain. La droite préfère parler de "croissance verte", slogan repris par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.

A gauche, on interroge plus profondément le modèle. Les think tanks s'y mettent. Terra Nova a ouvert un cycle de séminaires sur le sujet et la Fondation Jean-Jaurès un groupe de travail. La gauche politique tâtonne encore mais amorce sa mue.

Le PS avance ainsi son concept de "croissance sélective", selon les termes de Martine Aubry. "Les plus durs continuent à penser que sans croissance il n'y a pas de redistribution possible. Mais , même si les idées ne sont pas fixées, on commence à le remettre en cause ", note Christophe Caresche, député de Paris et fondateur du Pôle écologique au PS. Comment prôner la croissance des "biens essentiels" mais inciter à la décroissance des "biens superflus", s'interroge la direction.

L'interrogation est la même à Attac où les avis ne sont pas encore tranchés. "On a besoin d'une baisse de la consommation matérielle et énergétique, mais il faut encore développer des secteurs comme l'éducation ou la santé, sinon c'en est fini d'espérer gommer les inégalités sociales", prévient Aurélie Trouvé, présidente de l'association.

Au Parti de gauche, des décroissants ont adhéré, comme la députée de Paris, Martine Billard, et le politologue Paul Ariès. "Ils ont compris qu'on ne pouvait avoir une croissance infinie", assure Mme Billard. Les réticences sont plus grandes au PCF, où, comme l'explique son porte-parole Patrice Bessac, on est "pour la décroissance des activités inutiles et polluantes"... à l'exception du nucléaire.

Et la priorité reste, comme à l'extrême gauche, la question du pouvoir d'achat. Les Verts, eux, n'ont plus cette pudeur : "Notre univers mental doit changer. On n'y arrivera pas avec des petites réformes mais avec la reconversion complète de notre économie", martèle M. Cochet.


Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 15.11.09



27 octobre 2009

La mise à mort du travail


LE MONDE TELEVISION | 26.10.09 | 09h15 • Mis à jour le 26.10.09 | 13h51

erdre son emploi ou ne pas trouver de travail peuvent être des causes de dépression. Mais avoir une activité rémunérée peut aussi se révéler destructeur. La souffrance au travail, qui peut conduire au suicide, est un phénomène qui prend de l'ampleur. Le cas de France Télécom, confrontée à une succession de suicides parmi ses salariés, a suscité une prise de conscience chez des travailleurs, parfois soumis à des rythmes de productivité inhumains.

Pendant plusieurs mois, à l'initiative du producteur Christophe Nick (Yami 2), le réalisateur Jean-Robert Viallet a enquêté sur un mal qui, selon l'Institut de veille sanitaire, touche, en France, un quart des hommes et un tiers des femmes. Une détresse psychique, parfois combinée à des problèmes de peau, des douleurs musculaires et articulaires, et dont la source est professionnelle.

RÉDUCTION DE PERSONNEL, PRODUCTIVITÉ ACCRUE...

Pour étayer son sujet, il s'est rendu aux prud'hommes, où sont jugées des affaires relatives au monde du travail. Il a rencontré des employés en conflit avec leurs patrons pour des problèmes de harcèlement, a écouté les arguments des uns et des autres. Il a observé aussi le fonctionnement de plusieurs entreprises pour tenter de comprendre d'où venaient les tensions. Il a enfin donné la parole à des spécialistes, médecins du travail, avocats, juristes, économistes et sociologues.

Découpé en trois volets - les deux premiers diffusés lundi 26 octobre à 20 h 35, le dernier mercredi 27 à 22 h 30 - son film, intitulé La Mise à mort du travail, fait froid dans le dos. Les titres de chacun des épisodes - La Destruction, L'Aliénation, La Dépossession - donnent sans ambiguïté la tonalité générale de l'enquête : alarmante.

Compte tenu de l'angle choisi, il pouvait difficilement en être autrement, même s'il existe certainement en France des sociétés où le bien-être des employés compte autant que le chiffre d'affaires réalisé par l'entreprise. Mais là n'était pas le sujet.

"Un zéro, un néant, plus rien" : face à la psychologue Marie Pezé, c'est en ces termes qu'une femme cadre décrit ce qu'elle était devenue, après des mois de harcèlement. Marie Pezé a ouvert la première consultation spécialisée dans la souffrance au travail, en banlieue parisienne. Cette année, neuf cents personnes se sont succédé dans son cabinet à l'hôpital de Nanterre. En France, on compte une trentaine de structures du même type où viennent chercher une aide des gens que la vie professionnelle a brisés.

Mondialisation, réduction de personnel, exigences de productivité accrues : l'enquête de Jean-Robert Viallet restitue le contexte économique dans lequel s'inscrivent ces drames humains. La chaîne, qui diffuse ce documentaire en première partie de soirée, propose aux téléspectateurs de prolonger la réflexion par l'intermédiaire d'un site dédié sur France3.fr.


Jean-Robert Viallet (France, 2009, Durée des trois volets : 207 min).


Sylvie Kerviel
Article paru dans l'édition du 25.10.09

21 octobre 2009

Le Chant de la Terre de Mahler


Avant-dernière oeuvre achevée de Mahler, cette "symphonie avec voix" marque, pour son compositeur, un retour à la vie après une série de drames. Dureté de la condition humaine, besoins essentiels de l'homme, consolation : les thèmes abordés sont d'une poignante humanité.

Le Chant de la Terre se compose de 5 Lieder avec orchestre, chantés alternativement par des voix de ténor et de baryton, le baryton pouvant être remplacé par un contralto féminin. Comme on le verra dans la discographie, le contralto s'est rapidement imposé par rapport à la voix d'homme.

Les thèmes abordés (l'oubli dans le vin, la vanité de la vie, la superficialité de la beauté et de l'amour, la poète observant un monde souriant mais dont il ne fait plus partie, la petitesse de la condition humaine face à un monde éternel, la douleur de l'âme cherchant l'oubli et le repos...) auraient pu être traités de manière aussi bien vulgaire que spirituelle. Mahler, qui ne fut pourtant pas un écrivain, a trouvé le ton juste de simplicité, non dépourvue d'un certain hiératisme, qui rend poignante la douleur de l'homme. C'est le poème de la condition humaine, du détachement des apparences pour rejoindre l'éternité de la terre.

11 octobre 2009

Le Grand Bazar : l'ultra permissivité post soixante huitarde


Cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses... Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s'analyser, faire son autocritique, s'amender. En fait de libération, c'était aussi un terrorisme.

La révolution sexuelle - Pascal Bruckner
Paru dans L'Express du 15/08/2002


Daniel Cohn-Bendit, Le Grand Bazar, Paris : P. Belfond, 1975, chapitre IX, « Little big men ».


la licence des moeurs post-soixante-huitarde


Le député des Pyrénées-Atlantiques enchaîne sur un autre thème, la licence des moeurs post-soixante-huitarde.S'il n'a «jamais participé à la vindicte contre 1968» et considère qu'il y a «des choses positives» dans cet héritage, il estime qu'il y a aussi «des choses négatives, voire extrêmement négatives, la plus grave étant la dérive qu'on a tolérée et encouragée vis-à-vis de l'enfance et de l'adolescence». Allusion à peine voilée à ce qu’il avait déjà dit à Daniel Cohn-Bendit, ex-leader de Mai 1968 devenu leader d’Europe Ecologie, lors de l’émission A vous de juger sur France 2, en juin 2009, lui reprochant ses écrits sur la sexualité des enfants, datant de 1975.

Dans le livre
Le Grand Bazar, Daniel Cohn-Bendit racontait ses activités d’aide-éducateur au jardin d’enfants de Francfort. Un ouvrage qui fit scandale en 2001.

«Une société qui expose les enfants est une société barbare. Sur ce point, il y aura un jour nécessairement interrogation», conclut Bayrou.

20minutes.fr

"Tous les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent. Cela rappelle l'Empire romain." François Bayrou.
Article paru dans l'édition du MONDE | 10.10.09