26 juin 2006

Mort de la philosophie



GIORGIO COLLI APRÈS NIETZSCHE

Giorgio Colli (1917-1979) a enseigné pendant trente ans l'histoire de la philosophie ancienne à l'université de Pise. Dans son APRÈS NIETZSCHE, il déclare :

Le temple des paroles mortes

Nietzsche est allé loin dans son travail de fossoyeur de la philosophie. Il manquait peu de choses pour que son œuvre fût achevée. Non seulement il vit que toute philosophie était un mensonge, mais ce regard, il l'eut aussi pour sa propre philosophie.(...)
il périt dans cet incendie du Walhalla philosophique qu'il allume.(...) Cette catastrophe est libératrice et, après Nietzsche, aucun philosophe n'est désormais plus digne de foi, ni ne le sera.La philosophie est démasquée irrémédiablement, et contre les faussaires qui se risqueraient à poursuivre leur œuvre, se dresse l'arme la plus terrible, l'indifférence.(...)
Toutefois, la mort de la philosophie, précisément en ce qu'on en dévoile la nature mensongère et la cause de celle-ci, ouvre le chemin à la sagesse.(...)

La vérité humblement vêtue

Parce que la vérité n'est pas un faux problème, comme l'affirment de nos jours de nombreux pédants, mais bien une question, paisible et tout à fait concrète, qui convient à qui est doté de beaucoup de patience et d'un peu de cervelle. La vérité est une catégorie de la connaissance: il suffit de se demander à quoi elle s'applique et ce que cette catégorie signifie.

Le naïf qui croit en la raison

La philosophie en tant que rhétorique tend, pour impressionner, à un excès de mensonge, et tombe alors dans un piège mortel.

Misère du philosophe

Derrière les velours usés et les miroirs vétustes de la subtilité, les maux de la philosophie moderne sont sans remède (...)qu'il faut simplement évacuer et brûler.

extrait de Après Nietzsche de Giorgio Colli © éditions de l'éclat, paris, 1987, pour la traduction française.
Ière édition 1987, IIe édition 2000, ISBN 2-84162-038-7, 192 pages.

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