21 août 2006

La Grande Galerie de l'Evolution


 L'idée de progrès et l'optimisme qui l'accompagne consacrent à tel point l'auto-couronnement de l'homme comme roi de la nature que la moindre réserve, la plus légère mise en question à leur sujet disqualifie à tout jamais celui qui a l'audace de s'y livrer: il se voit taxé d'ennemi du genre humain ou de chantre pervers de l'obscurantisme et des dolorismes morbides. C'est une telle attitude qui se retrouve derrière les affirmations de ceux qui font de l'évolutionnisme un dogme scientifique indiscutable soucieux d'apporter une réponse rigoureuse aux questions métaphysiques: D'où venons-nous? et Où allons-nous? Derrière cette confiance aveugle accordée à cette saga biologique se cache le souci d'auto-divinisation de l'homme, bien que tout laisse croire que celui-ci s'y décentre en se donnant pour le descendant d'une espèce animale. Derrière les hypothèses initiales du travail des évolutionnistes, qui excellent à les faire passer pour des conclusions, se trouvent, d'une part, un souci de jeter les bases d'une nouvelle Genèse récusant celle de la Bible et, d'autre part, la volonté d'ouvrir la porte à une ère de «bioengineering».

Jean Brun, Philosophie et Christianisme

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