17 mai 2010

la logique fordiste et le consumérisme : la Nouvelle Religion


Dans un monde global où le fordisme tient lieu de lien social, THX 1138, film réalisé en 1970, remet en cause les us et coutumes d’une société consumériste à l’excès.
Réduit à un code, presque un matricule, tout individu participe d’une chaîne de production gigantesque.
La « Sphère » où s’ébat cette civilisation hygiéniste dont on ignorera tout, notamment l’histoire qui l’a amenée à se replier sur elle-même et à laisser à l’air libre une part de l’humanité, persona non grata dans son monde rationnel.
1984 d’Orwell et les analyses foucaldiennes du Panopticon semblent avoir fourni au réalisateur la matière première de THX 1138. Aucun angle mort, pas de point invisible dans cet univers où l’image traque les agissements des « masses ». Sur les écrans de surveillance, les silhouettes se découpent en noir et blanc, des amas de points dont on peine à décoder l’humanité.
Sédaté depuis l’enfance comme le reste de l’humanité, il a interrompu son traitement et s’éveille alors à un monde absurde. Son sevrage correspond ainsi à une crise existentielle.
C’est la conformation où THX 1138 performe son rôle social plus qu’il ne l’applique à la lettre. La drogue semble le rendre capable de tâches qu’il ne peut réaliser une fois sevré. Son incapacité est donc la preuve de son crime, la contreperformance, la mise en faillite de tout un système.
De même, la mise en quarantaine voit les individus irrécupérables vivre en vase clos dans un espace blanc et infini. Dans cet hôpital psychiatrique pour déclassés, la résistance et l’envie d’évasion se heurtent au formatage et au destin macabre que l’on réserve parfois à certains.
Dans sa course effrénée, la religion et l’éducation laissent transpirer leur véritable usage de conformation des individus. Les petits confessionnaux où chacun se confie devant une image du Christ s’emplissent d’une litanie supposée amène : l’absolution est donnée dans un catéchisme hybridé de marxisme, « par les Masses et pour les Masses », mais la logique consumériste l’emporte, l’icône christique enjoignant le pécheur à acheter toujours plus.

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