16 mai 2010

T H X 1 1 3 8


Dans une société souterraine du futur, les hommes vivent sous sédatifs. Ils sont socialement brimés par un pouvoir totalitaire et invisible au sein d'un univers blanc monochrome.
L'idée qu'une guerre nucléaire a ravagé la surface, censée être « radio-active » et donc impraticable, permit à Lucas de brillamment varier sur un vieux thème de la science-fiction : une communauté fermée reste coincée dans sa hantise du « dehors » par l'effet de ses croyances. Un bonheur insoutenable en est un exemple, tout comme Le Monde aveugle (Dark Universe, 1961), de Daniel Galouye, Croisière sans escale (non stop), de Brian Aldiss, ou encore La Cité et les Astres, de Arthur C. Clarke. Invariablement, un individu isolé se rebiffe contre l'ordre social et s'échappe.
Ce premier film est en partie inspiré du roman 1984, ainsi que de Un bonheur insoutenable, de Ira Levin. Il exprime des idées politiques plutôt radicales et inspirées du marxisme de l'école de Francfort, avec une identité visuelle très personnelle. Il présente des ressemblances avec certains aspects de Alphaville, de Godard (ordinateur central, bonheur obligatoire, interdiction de l'amour, fuite finale du protagoniste). Encore proche des premiers courts-métrages expérimentaux de George Lucas, le film met l'accent sur l'aspect introspectif et cauchemardesque de cette société future, où les murs blancs, entourant des personnages eux aussi vêtus de blanc suppriment toute profondeur et renforcent chez le spectateur le caractère aseptisé de cet univers.

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