13 août 2011

Des païens qui s’ignorent ?



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Nombre de catholiques traditionalistes qui, tout en refusant les orientations actuelles de l’Eglise, sont bien souvent attachés aux « manifestations païennes du christianisme »* dont nous parlions précédemment, voudraient voir le christianisme comme un « achèvement », voire une sublimation du paganisme ? Seraient-ils des païens qui s’ignorent ?
Beaucoup d’entre eux sont des païens qui s’ignorent. Ils aiment dans le christianisme des valeurs, des attitudes, des pratiques qui sont de toute évidence beaucoup plus païennes que chrétiennes. Beaucoup sont par ailleurs mal informés de leur propre histoire, ignorants de leur propre théologie.
S’affirmer tout à la fois héritiers de François d’Assise et de Torquemada, de Tertullien et de Thomas d’Aquin ne leur crée apparemment pas d’états d’âme !
D’autres, les plus nombreux, se bornent à répéter des formules toutes faites, transmises par des générations de dévots.

Mais surtout, s’il n’y avait pas d’opposition intrinsèque entre le paganisme et le christianisme, comment expliquer la lutte acharnée que païens et chrétiens se sont livrés pendant des siècles, sinon des millénaires ? Comment expliquer les persécutions et les bûchers ? Les édits des empereurs chrétiens proscrivant sous peine de mort le culte païen toujours renaissant ? La fébrilité des moines à détruire les temples, mutiler les statues, incendier les sanctuaires ? La résistance acharnée que le peuple paysan, attaché à ses coutumes ancestrales, a opposé pendant des siècles aux missionnaires ?
ENTRETIEN AVEC ALAIN DE BENOIST
*L'Eglise Catholique tire son origine du compromis tragique entre le christianisme et les religions païennes qui l'entouraient.

Noël : À l'origine, cette fête était païenne et existait sous des formes différentes pour marquer le solstice d'hiver.

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