30 août 2006

Mélancolie


Aujourd'hui, l'homme contemporain pourrait
trouver dans la gravure de Dürer, Melencolia (1514), le
Mémento mori qui devrait l'inviter à réfléchir.

Cette Mélancolie illustre le désenchantement du monde
et préfigure le «désenchantement des sociétés techniciennes
».
On ne manquera pas d'objecter que ce désenchantement
des sociétés techniciennes est devenu un cliché
littéraire et que l'homme de ces sociétés est, au contraire, enchanté
du confort, des distractions et des possibilités de
toutes sortes que l'Arbre de la Connaissance lui offre à profusion.
Mais, en réalité, le mouvement sans cesse accéléré du
progrès, dont il n'est pas question de mettre en doute des utilités
certaines, et l'avalanche d'appareils de plus en plus sophistiqués,
déjà périmés alors qu'ils commencent à peine
d'être jetés sur le marché,
témoignent d'un désarroi fébrile
de l'homme qui multiplie ses prises et ses entreprises sur le
monde parce qu'il sent de plus en plus intensément que «la
vraie vie est absente»*
et qu'une telle absence ne peut être
comblée par des machines à conquérir l'espace ou à distribuer
des informations.
*Rimbaud, Une Saison en enfer.
Jean Brun, Philosophie et Christianisme
 

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