18 mai 2007

Que faire?


Que faire?est, en effet, la question que l'on ne peut pas ne pas se poser devant celui qui connaît la détresse. Il peut être relativement facile d'être un sauveteur, mais combien est dérisoire le sauvetage là où il faudrait le salut! Le sauvetage est prisonnier de limites étroites, car il ne s'agit pas seulement de soustraire l'autre à une situation, mais bien de l'arracher à sa condition. Sous peine de n'être qu'un technicien à la petite semaine se contentant de bricoler des améliorations, on ne saurait se satisfaire de bouleverser des structures. Tout sauvetage ne s'attaque qu'à l'éphémère et c'est abandonner l'autre que de lui donner à comprendre que, désormais, il devra compter seulement sur lui-même une fois donné le coup de main qu'on n'a pas refusé de lui accorder.
Sorti de prison, le malfaiteur est libéré, mais il n'est nullement délivré et il ne suffit pas de lui donner les moyens indispensables à un nouveau départ dans l'existence : non seulement la faute demeure dans le souvenir, mais elle incite sans cesse à la récidive et aux rechutes.
Jean Brun, A la recherche du paradis perdu, p.64, PBU, Lausanne, 1979.

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