21 avril 2008

Houellebecq : un monde qui n’est pas bon




Dans ce poème, Houellebecq exprime la volonté de l’homme moderne d’appartenance. De l’appartenance à la religion, à une famille, à quelque chose qui dépasse l’existence et donne de la sécurité: ‘Quelque chose qui dépasse et contienne l’existence’. Quelque chose donc qui peut servir de guide dans l’existence humaine. Il exprime la volonté d’un retour en arrière, à l’époque où ont vécu nos pères, qui étaient protégés par un archange. Ce mot de ‘archange’, issu du discours religieux, peut renvoyer à la religion de même qu’à la famille. L’expression ‘sous l’aile d’un archange’ exprime la volonté d’être protégé par quelqu’un, soit par le père ou par la mère, soit par Dieu. De la même façon, le mot ‘fidélité’, que l’on retrouve dans la dernière strophe, est issu du discours religieux et peut renvoyer à la fidélité des croyants envers Dieu ou à la fidélité des amants l’un envers l’autre. Les termes de fidélité, ainsi que celui de dépendance que nous retrouvons dans la dernière strophe, renvoient également à des relations humaines, soit une relation amoureuse, soit une relation d’amitié.

Opposé à la volonté d’appartenance et de protection, il peint la situation réelle de l’homme moderne. Un homme qui vit dans un monde où il respire mal : un monde qui n’est pas bon.


Il est vrai que ce monde où nous respirons mal
N’inspire plus en nous qu’un dégoût manifeste,
Une envie de s’enfuir sans demander son reste,
Et nous ne lisons plus de titres du journal.

Nous voulons retourner dans l’ancienne demeure
Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange,
Nous voulons retrouver cette morale étrange
Qui sanctifiait la vie jusqu’à la dernière heure.
Nous voulons quelque chose comme une fidélité,
Comme un enlacement de douces dépendances,
Quelque chose qui dépasse et contienne l’existence ;
Nous ne pouvons plus vivre loin de l’éternité.

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