04 mai 2008

Houellebecq, La vie du monde, le livre


La publicité a essayé de remplacer le rêve d’être qui était donné autrefois par Dieu. La publicité essaie de fonder le désir et dit à l’homme : ‘«Tu dois désirer. Tu dois être désirable. Tu dois participer à la compétition, à la lutte, à la vie du monde. Si tu t’arrêtes, tu n’existes plus. Si tu restes en arrière, tu es mort».’ La notion d’éternité a disparu ; elle a été remplacée par l’idée d’un renouvellement incessant. ‘La publicité échoue, les dépressions se multiplient, le désarroi s’accentue.’ Et encore la publicité ‘continue à perfectionner des moyens de déplacement pour des êtres qui n’ont nulle part où aller, parce qu’ils ne sont nulle part chez eux ; à développer des moyens de communication pour des êtres qui n’ont plus rien à dire ; à faciliter les possibilités d’interaction entre des êtres qui n’ont plus envie d’entrer en relation avec quiconque.’

Où trouver la solution de ce problème du monde occidental ? Comment procéder ? Selon Houellebecq, la littérature a le potentiel d’être un remède, puisque la littérature exige la réflexion, elle ne peut être appréciée que lentement : ‘(...) il n’y a pas de lecture sans arrêt, sans mouvement inverse, sans relecture (...) la littérature s’oppose à la notion d’actualité permanente, de perpétuel présent.’ La littérature pourrait être une solution, mais l’homme moderne n’est plus capable d’être un lecteur. Un livre exige une activité et l’homme n’est plus qu’un pur consommateur.

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