01 juin 2010

Une fable contemporaine


Aujourd'hui, les fourmis sont allemandes, chinoises et japonaises, et les cigales américaines, britanniques, grecques, irlandaises et espagnoles. Les fourmis produisent des biens alléchants que les cigales désirent acheter.
"Nous vous prêterons de l'argent. Ainsi, vous profiterez de nos produits et nous accumulerons des fonds." (Les fourmis aux cigales)
De nature frugale et prudente, les fourmis déposent leurs recettes excédentaires dans des banques supposées sûres, lesquelles prêtent à leur tour aux cigales.
Pendant quelque temps, tout le monde vit heureux. Mais, un jour, dans les colonies de cigales, le prix des terrains finit par atteindre son pic. Cela provoque bien entendu la nervosité des banques des fourmis, qui demandent à récupérer leur argent. Les cigales débitrices sont contraintes de vendre, ce qui entraîne des faillites en chaîne, stoppe les chantiers de construction chez les cigales, mais tarit aussi les achats par les cigales des produits des fourmis. Les emplois disparaissent aussi bien dans les colonies de cigales que dans les nids de fourmis, et les déficits budgétaires se creusent de manière abyssale, surtout dans les colonies de cigales.

Les fourmis s'aperçoivent alors que leurs réserves de richesses ne valent pas grand-chose, puisque les cigales ne peuvent rien leur fournir de ce qu'elles voudraient, à part des maisons à bas prix au soleil. Les banques des fourmis ont alors le choix entre passer les mauvais prêts par profits et pertes, ou convaincre les gouvernements des fourmis de donner encore plus d'argent des fourmis aux colonies de cigales.

Les gouvernements des fourmis préfèrent adopter la seconde solution, qu'on appelle "plan de sauvetage". En même temps, ils demandent aux gouvernements des cigales d'augmenter les impôts et de réduire les dépenses. A présent, leur disent-ils, vous devez vraiment vous comporter comme des fourmis. Les colonies de cigales entrent donc dans une profonde récession.


Aucun commentaire: