20 février 2011

Stalker de Tarkovski : reconstruction philosophique du monde


Ce film est une œuvre pessimiste, austère, et pourtant il existe une sorte d’idéalisme et de reconstruction possible du monde, un éloge de « l’homme faible » qui recherche un mode de vie philosophique et parfait.

Tarkovski dira : « je suis attiré par l’homme qui réalise que le sens de la vie réside avant tout dans la lutte contre le mal qu’il porte en lui-même, et qui lui permettra au cours de sa vie de franchir au moins quelques degrés vers la perfection spirituelle. »

Une sorte de mysticisme orthodoxe qui coupe l’homme du monde réel pour le renvoyer à ses origines pures, à l’image d’une génération spontanée, édénique non contaminée par les affres du péché.

le personnage « Stalker » est ancré dans une réalité, c’est un personnage énigmatique versant facilement dans l’hystérie et dont le pragmatisme, à l’image d’un mal incurable, s’oppose à toute forme de spiritualité. Outre le fait qu’il cherche à apporter du bonheur envers son prochain en se faisant payer malgré tout car le voyage dans la zone n’est pas gratuit, le « Stalker » oriente aussi sa quête vers un idéal de vie matérialiste.

Pour le « Stalker » la zone reste un lieu de ressources spirituelles qui est en contradiction avec un certain rêve pragmatique, matérialiste et occidental.

Tout le réel du film repose sur le constat d’une disparition de l’amitié intime entre l’homme et la nature. L’être humain est en rupture avec le monde.

Le réalisateur affirmera : " certains disent que la société doit être détruite pour être remplacée par quelque chose de totalement nouveau et de plus juste..."


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