12 juin 2011

Vivre la fin des temps


Avec Vivre la fin des temps (Flammarion, 578p., 29 euros), Slavoj Zizek analyse les différentes façons d'appréhender la crise du capitalisme. Car les quatre cavaliers de l'Apocalypse (désastre écologique, révolution biogénétique, marchandisation démesurée et tensions sociales) sont, selon lui, en train de le décimer.
L'issue fatale que Zizek annonce renvoie au schéma des " cinq phases du mourir " de la psychologue Elizabeth Kübler-Ross : le déni (l'idée que la misère ou les cataclysmes, "cela ne peut pas m'arriver"), le marchandage ("laissez-moi le temps de voir mes enfants diplômés"), la dépression ("je vais mourir, pourquoi me préoccuper de quoi que ce soit" et l'acceptation ("je n'y peux rien, autant m'y préparer").

Car pour que se produise le tournant vers un enthousiasme émancipateur, il faut non seulement que la vérité traumatique fasse l'objet d'une acceptation neutre, mais aussi qu'elle soit vécue dans la lutte, quitte à ce que notre survie se paie au prix de notre vie. Vivre la fin des temps, c'est préférer courir ce risque et s'engager dans la fidélité à un Evénement-Vérité - même si cela doit finir en catastrophe - plutôt que de végéter dans le mode utilitaro-hédoniste de ce que Nietzsche a appelé " le dernier homme ".


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